A propos Séverine - Bibliothèque d'agglomération Bonlieu - Annecy

Bibliothécaire - Secteurs Politique Documentaire et Animation

La découverte des Alpes par Rodolphe Töpffer, l’inventeur de la bande-dessinée.

Lettrine A la lecture des Voyages en zigzag découvrez les pays du Mont-Blanc, avec pour guide un enseignant de l’Académie de Genève passé à la postérité.
De 1826 à 1844 Rodolphe Töpffer, un esprit curieux au savoir encyclopédique, compose au gré de ses expéditions ces écrits et dessins. Imprimés en fascicules, ils deviendront pour touristes et alpinistes de l’époque une référence.

Voyages en zigzag - Topffer

C’est à l’occasion de sorties scolaires organisées pour ses élèves que Töpffer saisit sur le vif tout le pittoresque de ces contrées méconnues du grand public. Il s’intéresse autant aux paysages qu’aux hommes, qu’ils soient « naturels », entendez locaux, touristes ou « spécifiques », terme par lequel il désigne les professionnels. Lire la suite

« Les Femmes Galantes : scènes reconstituées par la photographie d’après nature »

LettrC-vignetteet ouvrage pourrait être l’ancêtre commun des romans-photos de la revue Nous deux et des planches d’effeuillages qui ont fait la réputation de certains magazines masculins. Sans nom d’auteur ni date (environ 1900 selon le site de la Bibliothèque nationale de France), il comporte de nombreuses reproductions photographiques in et hors texte en noir, monocolores et polychromes.

Les femmes galantes 1

Qualifié d’ « Histoire de France amoureuse » ce recueil, censé instruire et édifier le lecteur, est présenté comme un instrument de savoir et de morale… et pourtant l’auteur y expose avec gourmandise toutes sortes de dépravations, semblant se repaître de ce qu’il prétend dénoncer.

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« Voyages dans les Alpes » – promenade pittoresque dans l’œuvre d’Horace-Bénédict de Saussure

n décembre 2010, ma collègue Emmanuelle avait rédigé un article consacré à la reliure des 4 tomes du « Voyage dans les Alpes » de Saussure (Ed. en 1803, à Neufchâtel : chez Louis Fauche-Borel), conservés au fonds Savoie. Pour faire suite à sa présentation, j’ai décidé de vous offrir un petit aperçu du contenu de cet ouvrage et de ses autres matérialisations.

I. La maladie du Mont-Blanc.

Horace-Benedict de Saussure n’a qu’une vingtaine d’années lorsqu’il entreprend son premier voyage dans les Alpes. Dès lors il désire ardemment parvenir jusqu’au sommet du Mont-Blanc, encore inexploré. Cette idée fixe ne le laissera pas en paix : à chacun de ses séjours dans la région il se renseigne sur les tentatives et les expéditions menées durant son absence, et promet même une forte récompense à quiconque pourrait le conduire en ces hauts lieux.

Saussure commence à voyager dans les Alpes dès 1779 : le récit de ses diverses expériences et observations va donner corps à cet ouvrage de référence sur la montagne.

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La mémoire du rhinocéros*

our réaliser cet article, je me suis intéressée à la représentation du rhinocéros dans les fonds patrimoniaux de la bibliothèque d’agglomération Bonlieu.

Au travers des collections, on réalise que cet animal est l’objet de nombreux textes et de gravures aussi variées que surprenantes.
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Pline l’ancien : Histoire naturelle, Paris : C. L. F. Panckoucke, 1829-1833.

Pline l’Ancien est le premier à décrire un rhinocéros, bien qu’il n’en ai jamais vu lui-même : il se base sur des récits de légionnaires, qui rapportent ce qu’ils ont entendu raconter. Dans le texte d’origine, Pline parle d’un animal à corne unique et frontale (qui donnera l’étymologie grecque « corne sur le nez »), qu’il qualifie de cruel, compliqué et stupide : « la tête comme un pourceau, le corps armé d’un cuir écaillé et très dur, comme celui du crocodile, ressemblant aux bardes d’un cheval guerrier ».

Dans l’édition que conserve la bibliothèque, l’auteur fait d’emblée référence aux jeux dans lesquels l’animal fut pour la première fois présenté au public, aux temps de Pompée, selon son estimation :

De fait, au début, l’animal est conduit dans les arènes pour des combats épiques qui tournent souvent au ridicule. Sous le règne d’Auguste, on le fait combattre contre un éléphant : le rhinocéros perd. Sous le règne de Domitien, un autre rhinocéros amené à Rome est conduit dans une arène pour combattre un ours : l’ours est tué par le rhinocéros. Lire la suite

« Les vieux arbres de la Normandie » – Henri Gadeau de Kerville

é à Rouen en 1858, Henri Gadeau de Kerville est un homme accompli : zoologiste, botaniste, archéologue et spéléologue, photographe à ses heures perdues, voyageur et penseur infatigable, il est en cela fidèle à sa devise, « Matière et mouvement ; Tout pour l’humanité ».
Enfant déjà il se passionne pour les sciences naturelles, ses premières explorations lui permettent, à quinze ans, de découvrir une nouvelle espèce de coléoptère ; il tient là le sujet de son premier texte scientifique.

Quelques années après il décide de consacrer ses recherches à la botanique, il entreprend de recenser tous les arbres dignes d’attention dans la région normande, afin d’établir une sorte de catalogue. L’ouvrage était publié à l’origine sous forme de fascicules, dont la réunion permettait de composer le gros volume que nous avons sous les yeux :


Il regroupe les trois premiers fascicules, publiés en 1890, 1892 et 1894 ; la bibliothèque conserve aussi le quatrième fascicule, non relié. Lire la suite

« Traité de composition décorative » – Joseph Gauthier et Louis Capelle

oici un ouvrage de référence en matière d’art décoratif, le Traité de composition décorative, véritable méthode illustrée qui propose de guider et de stimuler « les jeunes artistes dans le chemin qui conduit à l’art et à la beauté » (p.5). Ce traité à vocation pédagogique, édité chez Plon en 1911, fera l’objet de plusieurs réimpressions. Dès sa parution, de nombreuses revues s’en font l’écho.
Notre exemplaire, au format in-8, est relié en demi-toile noire, avec le fer doré aux armes de la ville d’Annecy au niveau de la coiffe en tête.

Le texte et les dessins ont été composés par messieurs Gauthier et Capelle, tous deux professeurs à l’école de beaux-arts de Nantes et considérés, dans La Chronique des arts et des curiosités de la même année, comme deux « spécialistes » en la matière. Lire la suite