« Récréations et passe-temps » – Henry-René d’Allemagne

4630 O3n peut définir le jeu comme une activité de loisirs d’ordre physique ou bien psychique, soumise à des règles conventionnelles, à laquelle on s’adonne pour se divertir, tirer du plaisir et de l’amusement.
La bibliothèque conserve 4 ouvrages du début du XXème siècle de Henry-René d’Allemagne consacrés aux jeux.

Récréations et passe-temps
Récréations et passe-temps
« Au jeu et au vin, l’homme devient coquin »

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Bibliothécaire et historien français, Henry-René d’Allemagne (1963-1950) était surtout le spécialiste des arts décoratifs, mais également un grand collectionneur.

Il a consacré des études innovantes à de nombreux Henry-René d'Allemagnesujets peu étudiés à son époque (serrurerie, luminaires, carte à jouer, etc.).

Singulière idée de consacrer toute une étude aux récréations & passe-temps ?
Pas vraiment, car ces occupations, en apparence anodines, exercent sur notre vie une importance particulière. À toutes les époques les hommes ont recherché les distractions dont ils sentaient la nécessité ; il est très intéressant de mettre en regard l’époque et la vogue d’une distraction particulière, tant d’un point de vue philosophique qu’économique.

Parmi ces 4 ouvrages, ‘‘Récréations et passe-temps » dresse une compilation et une histoire de tous les jeux. On peut déterminer 5 catégories :

Le tabletier

Les jeux de table

La loterie

Les jeux de hasard

 

 

 

 

 

Casse tête

Les jeux de patience

Les dessous du chandelier

Les jeux de société

Les montagnes russes à Belleville

Les jeux forains

 

 

 

 

 

 

 

Cette monographie assez rare contient 132 gravures pleine-page, dont 41 hors-texte. Parmi ces hors-texte, 30 sont en couleurs, gravés sur vélin for. L’exemplaire est en outre décoré d’illustrations et ornements d’inspiration Art Nouveau par le peintre et illustrateur français Robert Sallès (1871-1929).

Page de titre Gravure singe

 

 

 

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Une gravure représentant un singe jouant aux dés surmontée d’un épigramme de Martial: « Calculus hic gemino dicolor hoste perit » est placée sous le titre.

Cet épigramme nommé « Tabula lusorie » dans sa version complète, est : « Hic mihi bis seno numeratur tessera puncto ; hic gemino dicolor hoste peri » .

Ce qui peut se traduire par :

« Je suis, sur cette table, et vainqueur et vaincu : vainqueur, en amenant deux six avec les dés ; vaincu, en me faisant battre aux échecs par mon adversaire ».

Voici quelques exemples de jeux décrits dans l’ouvrage.

Le jeu de Domino est connu de tous. L’origine de ce jeu remonte aux grecs ou aux chinois, le doute subsiste encore. L’étymologie du mot « Domino » vient probablement de son apparence ; il est, en effet, composé d’une partie noire qui recouvre une partie plus claire et forme une sorte de capuchon ou domino, terme en usage dès le 16ème siècle pour désigner les vêtements de dessus.

Dominos

Plus près de nous, au 19ème siècle, la feuille de domino est inventée, elle est composée d’une double série de scènes placées l’une à l’opposé de l’autre. Comme on le voit sur cette représentation, la disposition des dessins est combinée de telle façon que le sujet se raccorde exactement avec toutes les cartes terminées par le même point.

Un passe-temps oublié, le jeu de Biribi, sorte de loterie servant spécialement à jouer de l’argent. Il est d’origine italienne et fut introduit en France au 17ème siècle. Ce jeu fut interdit par le Parlement qui menaçait les contrevenants de lourdes peines ; mais comme le dit Mme de Sévigné : « Je ne vois nulle part que la peine ait été capitale » ; ainsi les grands seigneurs continuèrent d’y jouer avec ardeur.

Le biribi

Après avoir fait une description très détaillée de tous les jeux  »traditionnels », l’auteur aborde le chapitre des jeux de sociétés et notamment « les jeux familiers ou petits jeux et exercices de société ».
Le premier recueil des jeux de sociétés parut sous le nom : « Les soirées amusantes ».
Au début du 19ème siècle, ces jeux sont forts appréciés, ils se trouvent en rapport avec l’esprit de la société d’alors qui ne manque pas d’une liberté que des moralistes sévères peuvent qualifier d’excessive. Mais que sont exactement ces jeux ? Ce sont les jeux à pénitences. Parmi eux, on trouve, le colin-maillard assis, le pont d’amour, la pendule, le berceau d’amour, le chevalier à la triste figure ; des noms assez équivoques où la pénitence se trouve être systématiquement un baiser.


Colin maillard assisPont d'amourLa penduleLe berceau d'amourLe chevalier

Nous retrouvons également la description de ces pénitences dans un petit recueil de 1829 : « Les amusemens du bel âge ou choix de jeux de société ».

Amusements du bel âge 1Amusements du bel âge 2

Amusements du bel âge 3

L’ouvrage se termine par une description des jeux forains, et notamment les montagnes russes. Après la campagne de Russie, en quelques mois, ce jeu nouveau devint l’occupation favorite des Parisiens. C’est en 1816 à Saint-Pétersbourg que furent construites des montagnes artificielles formées de neige et maintenues par une armature en bois. Sur ces talus improvisés, on fait couler de l’eau que le froid transforme en glace immédiatement et c’est sur cette surface glissante que l’on fait glisser des traîneaux. On reproduit en France le même procédé, mais sans la neige et avec des chariots à roulettes.

Montagnes russes

Les premières montagnes russes à Paris furent établies aux Ternes, puis vinrent celles de Beaujon , qui sont tellement élevées et où le sentiment de frayeur est tel, que bon nombre d’accidents sont à déplorer ; ce qui ajoute encore au sentiment grisant de danger. Les parisiens mettent ainsi un point d’honneur à faire étalage de leur courage et de leur sang-froid.

L’auteur termine son recueil en insistant sur l’importance des jeux dans le développement de l’enfant. Il affirme : « la part du temps que l’on abandonne aux récréations est loin d’être perdue pour le travail car …/… parmi les plus grandes inventions, plusieurs ont été tout d’abord expérimentées par de jeunes garçons dans leurs amusements ».

Article de Frédérique – Patrimoine/Bibliothèque Bonlieu

Références des documents :

Récréations et passe-temps par Henry-René d’Allemagne – Paris, Hachette, 1906. Localisation Réserve. Cote MC 4° 281 /  À consulter sur place

Les amusements du bel âge, ou choix de jeux de société. Suivi de pénitences agréables ou désagréables –  À Paris , chez Locard et Davi, darne, 1829.
Localisation Fonds ancien. Cote MA 8° 2794 / À consulter sur place

Autres livres de Henry René d’Allemagne conservés à la bibliothèque d’agglomération Bonlieu :
Les cartes à jouer du XVIème au XXème siècle , 2 volumes – Paris, Hachette, 1906. Localisation : Réserve. Cote MC 4° 278 / À consulter sur place

Sports et jeux d’adresse – Paris, Hachette, 1880.
Localisation Réserve. Cote MC 4° 279 / À consulter sur place

Histoire des jouets – Paris, Hachette, 1902.
Localisation Réserve. Cote MC 4° 280 / À consulter sur place

Pour aller + loin :

Histoire des jeux de société : géométries du désir / Jean-Marie Lhôte – Paris : Flammarion, 1994.
Localisation Patrimoine. Cote 4° 2176.

Jeux de princes, jeux de vilains – Paris : Seuil, Bibliothèque Nationale de France, 2009.
Localisation Adultes. Cote 795 JEU

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